STAN GETZ

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Live at the berlin jazz festival 1966

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LA JEUNESSE DE STAN GETZ

Né à Philadelphie le 2 février 1927, Stan Getz vit une enfance modeste à New York, dans le Bronx, où ses parents, d’origine juive ukrainienne, se sont installés au début des années 30, pris dans les affres de la Grande Dépression. Attiré par la musique, il s’initie d’abord au basson et à la contrebasse avant d’opter finalement pour le saxophone et y révéler des dons exceptionnels. Il n’a que 16 ans lorsqu’il intègre les pupitres du big band swing de Jack Teagarden puis dans la foulée tous les plus grands orchestres blancs de l’époque — de Stan Kenton (1944-45) à Benny Goodman (1945-46) en passant par Tommy Dorsey (1945).

LES DÉBUTS DE CARRIÈRE DE STAN GETZ

Remarqué par Woody Herman, il rejoint en 1947 le second Herd du célèbre chef d’orchestre, constituant en compagnie de Zoot Sims, Herbie Steward et Serge Chaloff une phalange de jeunes saxophonistes talentueux qui allait bientôt entrer dans la légende sous le nom des Four Brothers. Profondément influencé par le style nonchalant et comme en apesanteur du génial Lester Young, Getz devient le soliste attitré de l’orchestre : son improvisation historique sur la ballade Early Autumn en 1948, d’une décontraction suprême, le consacre chef de file incontesté du tout jeune courant cool au lyrisme distancié et sophistiqué.

Mais Stan Getz s’émancipe très rapidement de l’influence exclusive de Lester Young.

Dès 1949 et son départ de l’orchestre d’Herman, il fonde son propre quartette en compagnie des pianistes Al Haig puis Horace Silver et muscle considérablement son jeu sans jamais perdre pour autant la maîtrise d’une sonorité au velours incomparable. Il voyage alors en Europe, crée un quintet télépathique avec le guitariste Jimmy Rainey, participe aux tournées du Jazz At The Philarmonic organisées par le producteur Norman Granz, intègre le tromboniste Bob Brookmeyer (1953-54) à son orchestre et multiplie les séances avec les plus grands jazzmen de l’époque — de Dizzy Gillespie à Oscar Peterson en passant par Gerry Mulligan ou encore Chet Baker. Même s’il traverse l’une des périodes les plus sombres de sa carrière, troublé par de graves problèmes de toxicomanie, le saxophoniste est sur tous les fronts.

Biographie de Stan Getz

Fin 1958 il décide néanmoins de prendre un peu de distance : il s’installe à Stockholm et travaille un temps en Europe.

De retour aux USA en 1960, Getz trouve une scène en pleine recomposition : John Coltrane et Sonny Rollins occupent désormais le devant de la scène et un nouveau style, le free jazz, a fait son apparition — le saxophoniste cherche à la fois sa place et un nouveau souffle.

Il enregistre alors l’un de ses disques les plus expérimentaux « Focus » — longue suite ambitieuse composée et arrangée par Eddie Sauter où le saxophone déploie ses volutes dans un écrin de cordes chatoyantes — mais surtout signe avec le guitariste Charlie Byrd le disque « Jazz Samba » qui rencontre un succès public immédiat et ouvre le champ aux métissages les plus divers entre jazz et rythmes brésiliens. Getz va au cours des années qui suivent explorer toutes les facettes de cette esthétique hybride — multipliant les enregistrements avec le grand orchestre de Gary McFarland, ou encore Luiz Bonfa et Laurindo Almeida mais surtout signant en compagnie d’Antonio Carlos Jobim et Joao Gilberto le mythique album « Getz/Gilberto », chef d’œuvre insurpassé du genre avec la chanteuse Astrud Gilberto.

Une renommée internationale

Jouissant désormais d’une reconnaissance internationale dépassant largement le cadre traditionnel des amateurs de jazz, Stan Getz n’abandonne pas pour autant des formes de jazz plus sophistiquées et confidentielles. En 1964 il enregistre avec le pianiste Bill Evans, forme un quartet avec de jeunes musiciens talentueux (Gary Burton, Chick Corea, Steve Swallow), retrouve Eddie Sauter pour la musique du film « Mickey One », et au tournant des années 70 signe en compagnie du groupe d’Eddie Louiss et René Thomas l’un des plus beaux disques de sa carrière, « Dynasty », retrouvant dans un registre résolument lyrique, la véhémence et la fougue de sa jeunesse.

Toujours à l’affût de l’air du temps mais aussi soucieux de régulièrement revisiter ses territoires, Stan Getz va tout au long des années 70 alterner les styles et les registres — passant de climats “en fusion” marqués par la révolution jazz-rock en cours (« Captain Marvel » en 1972) en compagnie de Chick Corea, Stanley Clarke, Tony Williams et Airto Moreira à des contextes beaucoup plus classiques aux côtés de Bill Evans (“But Beautiful”, 74) ou Jimmy Rowles (“The Peacocks” en 75) tout en continuant de célébrer les affinités électives entre jazz et bossa-nova aux côtés de son vieux complice Joao Gilberto (« The Best Of Two Worlds »).

Les dernières années de Stan Getz

Revenant à partir des années 80 à un jazz plus traditionnel, Stan Getz va, dans la dernière partie de sa carrière, privilégier son goût pour les pianistes les plus raffinés. Se succéderont à ses côtés dans des formations aux configurations variées (du duo au quartette) Joanne Brackeen, Jimmy Rowles, Lou Levy, Jim McNeely et surtout Kenny Barron qui l’accompagnera jusqu’à son dernier souffle. Il décède le 6 juin 1991 des suites d’un cancer du foie après avoir enregistré avec « People Time » un chant du cygne extraordinaire d’intensité émotionnelle et de musicalité.

Biographie Stan Getz, par The Lost Recordings

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