CLAUDIO ARRAU

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The unreleased beethoven recitals 1959

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Né au Chili le 6 février 1903 dans une respectable famille de la vieille bourgeoisie catholique et cultivée, le petit Claudio Arrau est à peine âgé d’un an lorsque son père, ophtalmologue, meurt d’un accident de cheval.

Obligée de subvenir aux besoins de ses trois enfants en bas âge, sa mère trouve alors comme solution de donner des cours de piano, offrant ainsi à Claudio le bonheur de grandir bercé par les sonorités de l’instrument mais aussi l’occasion de s’initier, sur ses genoux, aux mystères du solfège avant même de savoir lire et écrire.

Capable dès quatre ans de traduire au clavier quelques sonates de Beethoven, le petit prodige éblouit son entourage par ses facilités hors du commun pour la musique. 

Il a tout juste cinq ans lorsqu’il donne son premier récital public dans sa ville natale de Chillan, proposant un programme composé déjà d’œuvres de Mozart, Beethoven et Chopin, et à peine un an de plus, lorsque le président du Chili en personne, impressionné par sa virtuosité suite à une audition privée, lui fait délivrer une bourse d’état exceptionnelle pour aller étudier la musique en Allemagne pendant dix ans. 

Accompagné de sa mère et de sa sœur Lucrecia, le petit Claudio, 8 ans, s’installe à Berlin en 1911, intègre le prestigieux Conservatoire Stern et, après quelques expériences malheureuses avec des pédagogues peu adaptés à son génie précoce, rencontre en la personne de Martin Krauze le mentor qui lui manquait.

Ancien élève de Franz Liszt, ami de tous les grands musiciens de son temps, Krauze est alors une figure incontournable de la vie artistique berlinoise, à la fois professeur renommé (il aura comme autre élève entré dans la légende le pianiste suisse Edwin Fischer) et critique musical autant redouté qu’admiré. 

Aussitôt le courant passe entre le maître et l’élève. Krauze reconnaît dans Claudio un talent brut à modeler selon ses principes rigoristes tandis que le jeune garçon, loin de son Chili natal, trouve dans cette figure d’autorité le substitut du père qu’il n’a jamais connu.

 

A ses côtés Claudio Arrau non seulement affinera sa technique au point d’être capable de jouer dès l’âge de 11 ans les œuvres les plus exigeantes du répertoire (“Les études d’exécution transcendante” de Liszt comme “Les Variations Paganini” de Brahms), mais intègrera les préceptes d’une philosophie de l’interprétation fondée sur une fidélité rigoureuse au texte associée à une certaine forme de pudeur aristocratique tant sur le plan digital qu’émotionnel qui toute sa vie fera l’originalité paradoxale de son style. 

Lorsque Krauze meurt de la grippe en 1918 à 65 ans, Claudio n’a que 15 ans et se retrouve une nouvelle fois orphelin. Par fidélité, il refusera dès lors de suivre l’enseignement de quiconque et poursuivra son apprentissage en autodidacte. 

Il fait dans la foulée ses débuts de concertiste au Royal Albert Hall de Londres, joue à Berlin avec l’Orchestre Philarmonique sous la direction de Karl Muck,il effectuera sa première grande tournée européenne, accompagné selon les concerts par des chefs illustres comme Nikisch, Furtwängler ou Mengelberg — et s’impose aux yeux de ses contemporains comme le rival d’Arthur Schnabel et Edwin Fischer, ces jeunes pianistes alors en train de révolutionner l’art de l’interprétation.

Il remporte coup sur coup par deux fois, à 16 et 17 ans, le célèbre Concours International de Piano Franz Liszt et auréolé de cette gloire naissante entreprend en 1921 une grande tournée en Amérique du Sud (avec un retour triomphal à Santiago du Chili) et dès 1923 aux USA avec des concerts à New York (Carnegie Hall), Boston et Chicago. 

De retour en Europe il remporte à 24 ans face à un jury composé, entre autres, d’Alfred Cortot et Arthur Rubinstein, le Grand Prix International des Pianistes de Genève, et dès cette période commence à enregistrer ses premiers disques, étendant considérablement le champ de ses références en mettant à son répertoire des compositeurs allant de Bach à Debussy, en passant par les grands romantiques allemands (Beethoven, Brahms, Schubert, Schumann) mais aussi Mozart, Liszt, Chopin voire Schoenberg/Schönberg...

Au tournant des années 30, il effectue deux tournées consécutives en Union Soviétique et en 1935, âgé de 32 ans, consolide encore sa réputation en interprétant en un marathon de 12 récitals la totalité de l’œuvre pour clavier de Jean-Sébastien Bach, contribuant ainsi pour une part à la réhabilitation en cours du compositeur.

Il poursuit l’année suivante ce principe de l’intégrale en présentant en 5 récitals toutes les œuvres pour clavier de Mozart puis décline de la même manière les œuvres de Schubert et Weber. En 1938 à Mexico, Claudio Arrau donne sur scène pour la première fois l’intégralité des 5 concertos et des 32 sonates pour piano de Beethoven — un exercice qu’il rééditera à de nombreuses reprises, en offrant même deux intégrales discographiques dans les années 60 et 80. 

 

Marié en 1937 à la mezzo-soprano allemande Ruth Schneider qui lui donne deux enfants, Carmen en 1938 et Mario en 1940, Claudio Arrau voit avec inquiétude la guerre s’installer en Europe et décide de fuir l’Allemagne nazie. Il rejoint d’abord un temps le Chili, où il fonde une école de musique, puis bientôt les États-Unis, où suite à une tournée triomphale, il choisit en 1941 de s’installer définitivement. 

Débutant alors sur le sol américain à la fois une nouvelle vie (qui l’amènera finalement à demander la double nationalité chilienne et américaine en 1979) et une nouvelle étape cruciale de sa carrière, le pianiste, sitôt la paix retrouvée, organisera son temps entre l’enseignement, une énorme activité de concertiste (pas moins d’une centaine de récitals par an donnés partout sur la planète) et l’enregistrement intensif, notamment pour la firme Phillips, de toutes les plus grandes œuvres pour piano du répertoire. Reconnu définitivement comme l’un des plus grands interprètes de Beethoven, Arrau multipliera les performances publiques des sonates, enregistrant de 1962 à 1966 une première Intégrale entrée dans la légende.

Approfondissant toujours plus avant sa relation au compositeur il publiera en 1978 une édition Urtext de ces mêmes sonates, la première réalisée par un interprète depuis celle d’Arthur Schnabel en 1935, et dans les années 80/90 entreprendra l’enregistrement d’une nouvelle Intégrale qu’il ne parviendra malheureusement pas à compléter. 

Accumulant les honneurs et les distinctions officielles partout dans le monde, célébré à l’occasion de ses 80 et 85 ans comme l’un des monuments de l’histoire du piano du XXe siècle, Claudio Arrau, jusqu’à sa disparition le 9 juin 1991, ne ralentit jamais la cadence de son activité, trouvant même dans les dix dernières années de sa vie un nouvel élan qui lui fera multiplier les enregistrements et revisiter une fois encore l’ensemble de ses territoires (Debussy, Liszt, Chopin, Mozart, Blakey…).

Ses ultimes albums, parus en partie à titre posthume et consacrés à Beethoven, Schubert, Debussy et Bach (dont il projetait de revisiter l’œuvre après avoir cessé de le jouer durant des décennies), sonnent aujourd’hui comme le testament artistique bouleversant d’un géant d’une étoffe prodigieuse.

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